Théâtre, performance
Du 30 au 31 janvier 2027
3 modules de 40 minutes
Plateaux 1, 2 et 3
Théâtre, performance
Du 30 au 31 janvier 2027
3 modules de 40 minutes
Plateaux 1, 2 et 3
Patricia Allio
“Et si nos sociétés qui légitiment l’exploitation et la mise à mort des animaux d’élevage par milliards dans un horizon de productivisme intensif avaient fait totalement fausse route moralement et politiquement ? Et si les espaces d’art devenaient des refuges pour des initiatives repensant le monde sur des bases interspécistes et anti-spécistes ?” Avec Devenir Refuge, Patricia Allio explore l’histoire d’une violence occultée et fait le pari de rendre effective la porosité des êtres des lieux des luttes et des pratiques. Elle lève ainsi un double déni : celui qui efface l’animal derrière la viande consommée et celui qui nous coupe de notre propre animalité. À la lisière de l’art et de l’activisme, véritable manifeste performatif, cette pièce déambulatoire relie de manière inédite les animaux humains et les animaux non humains, les lieux d’art et les refuges, c’est-à-dire les lieux dédiés au sauvetage d’animaux d’élevage. Cette expérience relationnelle nous invite non seulement à défaire les rapports de domination que nous entretenons avec eux, mais aussi à inventer des espaces zooinclusifs, ici et maintenant. L’autrice nous propose de regarder ces autres mondes qui existent déjà et engage la performance, pour susciter la puissance utopique de la scène et la bascule collective.
MODULE 1 :
Last Cow 3
Last Cow 3 est une installation conçue avec l’artiste H·Alix Sanyas qui lève le déni de la violence systémique du productivisme intensif de l’agro-industrie. Confrontant la froideur de la langue néo-libérale chiffrée, les témoignages d’anciennes ouvrières en abattoir, à l’incarnation sensible des performeureuses et à la sophistication chatoyante de sculptures organiques en verre soufflé, cette installation performative lève le voile sur l’irreprésentable d’un crime de masse et ouvre à la considération de la valeur d’une vie d’une vache, dans sa singularité. Et si pour cesser de parler uniquement du point de vue des humaines, nous devions réactiver la parenté de nos corps ? ici, à travers le détour de la représentation des organes reproductifs, les utérus de vaches, qui sont au cœur de la machine d’exploitation de l’agro-alimentaire. Peu à peu, s’invente un espace de co-sensibilité, de réparation et de méditation inter-spéciste qui s’inscrit dans un rituel, où la sculpture “Celles qui nous regardent” devient vivante, collective et cathartique.
MODULE CONÇU PAR : Patricia Allio
AVEC LA COLLABORATION ARTISTIQUE DE : H·Alix Sanyas
AVEC Ramo Jalilyan et Esther Armengol Touzi
LUMIÈRES : Emmanuel Valette
CRÉATION SONORE : Franky Gogo
VIDÉOS : Patricia Allio et H·Alix Sanyas “Audition du pdg du groupe Bigard” Diffusée en direct le 30 mai 2024 par l’Assemblée Nationale
“Antichambre” Site internet réalisé en collaboration avec Gaëlle Nicolle, Graphisme : H·Alix Sanyas, Webdesign : Gaëlle Nicolle
“Décapitalisation” Texte : Patricia Allio, Graphisme : H·Alix Sanyas
TEXTES : Montage dramaturgique : Patricia Allio
“Prime Hérode & Pierre de sel” : Patricia Allio
Interview de Mauricio Garcia Pereira, 2023
Témoignage issu de L214
SCULPTURES :
“Matrices bovines”
Conception : H·Alix Sanyas
Réalisation : Gaëtan Oheix & Valentin Rizzo accompagnés de Thaïs Barbe
“Celles qui nous regardent”
Conception : Patricia Allio & H·Alix Sanyas
Réalisation : Gaëtan Oheix accompagné de Thaïs Barbe
MODULE 2 :
Katalin Tristan et Paco
La performeuse et agente de sécurité cynophile Katalin Patkaï, son chien Paco et l’acteur Tristan Glasel, expérimentent la co-existence inter-spéciste. Ensemble ielles jouent, avec le trouble dans le genre et l’espèce, et se libèrent de leurs places respectives assignées. Leur relation performative exprime la complexité et la richesse de la longue Histoire de cohabitation inter-spéciste, se soldant, après plusieurs millénaires de domestication, par une relation de co-dépendance.
MODULE 3 :
À nos futurs antis et interspécistes
Est-ce qu’amener un animal d’élevage sous notre regard, même dans le but de le changer, ce n’est pas encore perpétuer le régime de violence spéciste ? Ce module interroge la possibilité de créer des formes de scènes interspécistes n’impliquant pas le recours à la pulsion scopique réifiante. « J’ai pensé que le plus subversif serait de partager une expérience esthétique. Puisque les animaux d’élevage sont réputés être sensibles à la musique, ne serait-ce pas juste d’en écouter ensemble ? Est né alors ce projet d’expérimenter des concerts interspécistes dans des lieux antispécistes ». Partant d’un questionnement éthique sur la représentation, Patricia Allio partage ses expériences et réflexions qui l’ont conduite à concevoir et à filmer des concerts interspécistes dans des Refuges, avec les musicien·nes Franky Gogo et Esther Armengol Touzi. « Ces rencontres, pensées comme des expériences de co-sensibilité, cherchent à inventer d’autres modes de relation entre humaines, cochons, chèvres et moutons, fondés sur l’écoute et la co-présence, plutôt que sur l’exploitation et la domination. »
Patricia Allio
Attentive aux minorités, Patricia Allio, autrice, metteuse en scène, et réalisatrice bretonne, avance au rythme d’une pensée critique du monde. L’art est pour elle un outil réflexif. Patricia Allio est autrice, cinéaste, metteuse en scène, performeuse associée au Théâtre National de Bretagne et co-directrice des Laboratoires d’Aubervilliers. Depuis sa première pièce sx.rx.Rx créée en 2004 présentée au Kunstenfestival des arts à Bruxelles, elle met la marge au centre et explore des formes intimes et relationnelles qui ouvrent au partage de nos vulnérabilités. De 2008 à 2016, elle travaille en binôme avec Eléonore Weber à partir du manifeste « Symptôme et proposition ». Ensemble elles coécrivent les pièces Un inconvénient mineur sur l’échelle des valeurs, Premier Monde et Natural Beauty Museum, notamment présentées à Paris au Centre Pompidou, à la Grande Halle de la Villette et à la Ménagerie de Verre. Pour le cinéma, elles co-écrivent Night Replay (2012, ARTE) et Nos crimes sont des films (2016, Festival Hors Pistes Centre Pompidou). Puis elle fonde l’association I·C·E dans le Finistère, nom des rencontres pluridisciplinaires sur « l’Autoportrait à », qui explorent les liens entre l’autoportrait et le portrait. Ses pièces Autoportrait à ma grand-mère (2018), Dispak Dispac’h (2021, 77ème Festival d’Avignon 2023), Habiter (recréée en 2023) sont toujours en tournées. Ses textes sont publiés aux Éditions Les Solitaires Intempestifs. Ses films Reconstitution d’une scène de chasse (2019) et Brûler pour briller (2023) ont été notamment sélectionnés au Festival International de Rotterdam, au FID (Festival International de cinéma de Marseille) et au Doclisboa. En 2024 elle conçoit avec l’artiste H·Alix Sanyas l’installation Last Cow au FRAC des Pays de la Loire, première étape de Devenir Refuge. En 2025, à l’occasion de la dixième édition des rencontres de I·C·E, elle conçoit un livre collectif avec Florian Gaité et H·Alix Sanyas « Autoportrait à : performer les identités relationnelles » publié aux Éditions Autonomes. Cette même année, elle réalise la vidéo TRAVERSE qu’elle tourne en Tunisie qui prolonge l’expérience et l’engagement de la pièce Dispak Dispac’h contre les nécropolitiques migratoires européennes et pour la liberté de circulation. Le film est sélectionné au Festival Côté court 2026.