Théâtre — Accessible à partir de 15 ans Spectacle en darija et en français, surtitré en français
Dans le cadre du Festival d’Automne et la Saison Méditerrannée 2026
Du 07 au 11 octobre 2026
Durée estimée : 2h10
Plateau 2
Théâtre — Accessible à partir de 15 ans Spectacle en darija et en français, surtitré en français
Dans le cadre du Festival d’Automne et la Saison Méditerrannée 2026
Du 07 au 11 octobre 2026
Durée estimée : 2h10
Plateau 2
Kenza Berrada
Après son premier spectacle Boujloud (l’homme aux peaux), Kenza Berrada continue d’observer la confrontation des archaïsmes avec la vie moderne. Avec Paradis Plage (une vie comme dans du miel), elle réunit une famille bourgeoise marocaine corsetée par le swab, cet art ancien des bonnes manières qui régit les corps, les paroles et les silences. Après une longue absence, « Benti » la benjamine, revient au Maroc pour célébrer son mariage. Les rituels se préparent. Mais derrière l’apparente douceur des convenances affleure un secret ancien. Les rythmes nostalgiques de la musique andalouse et « l’aita » (le cri) des Cheikhates se heurtent à la création sonore expérimentale. Les Cheikhates, ce sont ces femmes marginales et rebelles. L’écriture se fragmente, la parole aussi. Enfant, « Benti » a subi l’inceste de son frère aîné. Aujourd’hui, elle refuse sa présence à son mariage. Pour incarner cette famille tiraillée par le tabou et les codes de la bienséance, la metteuse en scène invite les acteurs du Kabareh Cheikhats de Casablanca, performeurs virtuoses habitués du travestissement. En interprétant tous les rôles, féminins comme masculins, ils brouillent les frontières du genre et interrogent les injonctions sociales qui façonnent les représentations. De quoi faire entendre la rage sourde enfouie sous le miel des apparences.
Avertissement : inceste et violences sexuelles
Kenza Berrada
Kenza Berrada grandit au Maroc jusqu’à ses 17 ans, où elle découvre le théâtre dès le collège. Après des études littéraires en France, elle explore le jeu aux cours Simon, la danse avec Elsa Wolliaston, la scénographie à l’école Jacques Lecoq. Elle collabore depuis plus de dix ans avec Alexander Zeldin, dont le travail s’articule autour de la politique intime. Un compagnonnage artistique au long cours qui nourrit profondément sa pratique. Elle écrit, met en scène et interprète Boujloud (l’homme aux peaux), spectacle qu’elle porte en France et à l’international, et dans lequel elle investit une langue scénique mêlant corps, rite et mémoire. En 2026, elle met en scène Îles flottantes, un spectacle pour Adolescence et Territoire(s) avec vingt jeunes, créé au théâtre de l’Odéon, au T2G et à l’Espace 1789 à Saint-Ouen. Elle créera prochainement Paradis plage (une vie comme dans du miel) au TNS, en partenariat avec le T2G, le Festival d’Automne à Paris et la Saison Méditerranée.
Avant / après le spectacle
Meriem Bennani, FLY, (17:33 min., 2016), Courtesy de l’artiste, collection KADIST
FLY a initialement été commissionnée comme une expérience vidéo immersive pour la première exposition personnelle de Bennani au MoMA PS1 en 2016, imitant la structure en mosaïque des yeux d’une mouche à travers un patchwork de projecteurs. L’œuvre se concentre sur une succession de scènes tournées à Rabat, la ville natale de Bennani, montrant des entretiens intimes avec des proches, un marché en plein air et un mariage animés, saturés de manipulations numériques surréalistes. Une mouche récurrente accompagne le voyage tout au long du film, fonctionnant à la fois comme motif enfantin et comme symbole de vanité, capable de chanter une chanson de Rihanna. Bennani met en évidence les contradictions et l’étrangeté de la vie quotidienne, telles que ressenties dans des situations d’acculturation. Dans la scène des trois danseuses de mariage, les sheikhas, qui se roulent joyeusement par terre, elle remplace la musique traditionnelle du mariage par The Grid de Philip Glass. Bennani décrit son travail comme un va-et-vient constant entre documentation et réalisme magique, à la fois cathartique et comme une manière de construire son univers augmenté.
KADIST et le T2G
A l’automne 2026, KADIST, organisation internationale pour la création contemporaine, s’associe au T2G autour d’un programme de projections d’art vidéo entrant en résonance avec notre saison, soit par les sujets des spectacles, le lieu géographique où ils se déroulent ou encore la question des conditions de vie des artistes. Ce programme est le fruit d’un dialogue entre la fondation KADIST, le T2G et l’EMBA Manet de Gennevilliers.