Artistes associé·e·s

Janvier 2025

Carte blanche à Marion Siéfert et Matthieu Bareyre

Pour inaugurer notre association avec Marion Siéfert et Matthieu Bareyre, et en attendant leurs prochaines créations, nous leur proposons d’investir tous les espaces du théâtre avec deux spectacles emblématiques, une exposition retraçant les dix années de la compagnie, des workshops et de la musique. Marion est autrice, metteuse en scène et performeuse, Matthieu est auteur, réalisateur et monteur. Iels travaillent ensemble sur tous leurs projets, passant librement de la scène au cinéma. Leurs œuvres contribuent de façon saisissante au renouvellement du paysage de la création.

Janvier 2025

SPECTACLES

Le Grand Sommeil (2018) et _jeanne_dark_ (2020) peuvent se lire comme un diptyque. Portés tous les deux par la performeuse Helena de Laurens, ces deux solos écrits par Marion Siéfert mettent en scène un personnage, Jeanne, et son besoin vital de métamorphose.

Le Grand Sommeil
Théâtre - 1h

Jeudi
23.01
20h
Vendredi
24.01
20h
Samedi
25.01
18h
Dimanche
26.01
16h
Lundi
27.01
20h

Le Grand Sommeil, c’est celui où se déploient les rêves effrayants et fantasques de Jeanne, le personnage au cœur de la pièce de Marion Siéfert. Jeanne est une enfant de onze ans qui a collaboré aux répétitions avant d’en être écartée pour des raisons liées à la législation du travail des enfants. Le spectacle s’est alors recomposé pour faire de cette absence le centre névralgique de la pièce. D’un duo entre enfant et adulte, nous sommes passés à un solo vertigineux, tout entier porté par la danseuse, performeuse et chorégraphe Helena de Laurens. Par sa présence explosive, elle donne corps à un personnage monstrueux et hybride : ni enfant, ni adulte, Jeanne-Helena est cette « enfant grande » qui se joue des âges, de la bienséance et des idées reçues sur ce que doivent être les petites filles. La mise en scène de Marion Siéfert scrute les zones d’ombre de l’enfance : sa part de fantasme, son goût de l’obscène et du monstrueux, sa radicale insolence, son sens du plaisir et du jeu. Exploitant le corps longiligne de l’interprète, la chorégraphie manie avec jouissance la grimace, l’excès et la fragmentation du corps. Au fil d’une performance d’une folle intensité, le spectacle révèle ce que cet âge peut avoir de brutal et d’inquiétant, et donne à entendre son exigence vis-à-vis du monde des adultes.

Conception, mise en scène et texte : Marion Siéfert Chorégraphie : Helena de Laurens, Marion Siéfert Collaboration artistique et interprétation : Helena de Laurens Scénographie, assistanat à la mise en scène : Marine Brosse Lumières : Marie-Sol Kim, Juliette Romens Costumes : Valentine Solé Création sonore : Johannes Van Bebber Production : Ziferte Productions Production déléguée : La Commune centre dramatique national d’Aubervilliers Coproduction : La Commune centre dramatique national d’Aubervilliers ; Festival d’Automne à Paris pour les représentations à La Commune centre dramatique national d’Aubervilliers. Avec l’aide de la DRAC Île-de-France. Spectacle créé le 14 février 2018 à La Commune centre dramatique national d’Aubervilliers

_jeanne_dark_
Théâtre - 1h45

Jeudi
30.01
20h
Vendredi
31.01
20h
Samedi
01.02
18h

Présenté au T2G au printemps 2021, le spectacle de Marion Siéfert revient cette année à Gennevilliers. _jeanne_dark_, c’est le pseudo Instagram que s’est choisi Jeanne, une adolescente de 16 ans issue d’une famille catholique, qui vit dans une banlieue pavillonnaire d’Orléans. Depuis quelques mois, la jeune fille subit les railleries de ses camarades sur sa virginité. Un soir, alors qu’elle est seule dans sa chambre, elle décide de ne plus se taire et prend la parole en live sur Instagram.
Avec cette pièce, Marion Siéfert crée un double-spectacle : à la fois pour le théâtre et pour Instagram. Sous les yeux de ses followers, Jeanne se filme, se regarde, s’invente, s’expérimente et se délire. Au fil de cette valse de personnages, de masques et de filtres Instagram, Jeanne donne libre cours à ses fantasmes, fait voler son identité en éclats et se métamorphose. Cette performance virtuose est portée par Helena de Laurens. Sur scène, dans une scénographie conçue par Nadia Lauro, c’est elle qui réalise en direct le film de cette adolescente, projeté sur deux écrans qui encadrent la scène. À la fois filmeuse et filmée, elle créé avec la caméra du téléphone un corps hors-normes, iconique et fantastique, et fait pleinement exister ce personnage plein de bruit et de fureur.
Le spectacle est accessible en live sur Instagram depuis le compte @__jeanne_dark__. Abonnez-vous !

Conception, écriture et mise en scène : Marion Siéfert Collaboration artistique, chorégraphie et performance : Helena de Laurens Collaboration artistique : Matthieu Bareyre Conception scénographie : Nadia Lauro Lumières : Manon Lauriol Son : Johannes Van Bebber Vidéo : Antoine Briot Costumes : Valentine Solé Maquillage : Karin Westerlund Accompagnement du travail vocal : Jean-Baptiste Veyret-Logerias Régie générale : Chloé Bouju Production : Ziferte Productions et La Commune CDN d’Aubervilliers Coproduction : Théâtre Olympia – Centre Dramatique National de Tours, Théâtre National de Bretagne – Rennes, La Rose des vents – scène nationale de Villeneuve d’Ascq, Festival d’Automne à Paris, CNDC Angers, L’Empreinte – scène nationale Brive-Tulle, Centre Dramatique National d’Orléans, TANDEM – scène nationale Arras-Douai, Théâtre Nouvelle Génération – CDN de Lyon, Le Maillon – Strasbourg, Kunstencentrum Vooruit-Gand, Théâtre Sorano – Toulouse

FILMS

réalisés par Matthieu Bayrere - en parallèle des spectacles

Nocturnes (2015)
Une plongée dans les nocturnes de l’hippodrome de Vincennes, lieu peu à peu déserté qu’un groupe de jeunes joueurs transforme chaque soir en royaume. Dans ce monde d’échos et d’écrans, filmer pendant des mois leurs calculs, leurs corps et leurs cris : capter leur force.
Cinéma du Réel – Paris – 2015 : Prix du patrimoine et de l’immatériel, Mention spéciale de l’Institut français

Durée : 48 minutes
un film de Matthieu Bareyre

L’Époque (2019)
Du Paris de l’après-Charlie aux élections présidentielles ; une traversée nocturne aux côtés de jeunes qui ne dorment pas : leurs rêves, leurs cauchemars, l’ivresse, la douceur, l’ennui, les larmes, la teuf, le taf, les terrasses, les vitrines, les pavés, les parents, le désir, l’avenir, l’amnésie, 2015, 2016, 2017 : l’époque.
Prix du meilleur premier film décerné par le Syndicat de la critique de cinéma.
Festival de Locarno : Mention spéciale du jury de la compétition « Cinéastes du présent »

Durée : 89 minutes
réalisation : Matthieu Bareyre ; écriture : Matthieu Bareyre, Sophia Collet ; collaboration artistique : Marion Siéfert ; directeur de la photo : Matthieu Bareyre ; ingénieur du son : Thibaut Dufait ; montage : Matthieu Bareyre, Isabelle Proust, Matthieu Vassiliev ; étalonnage : Amine Berrada ; montage son : Stéphane Rives ; mixage : Jules Wysocki ; attachée de presse (film) : Karine Durance ; producteur délégué : Valéry du Peloux ; coproducteurs : Cécile Lestrade, Frédéric Ouziel

Le Journal d’une femme nwar (2022)
Rose a 29 ans et un projet : quitter la France pour « retourner en Noirie ». Quand Matthieu Bareyre, l’un de ses plus proches amis, lui propose de faire un film avec elle inspiré de son journal intime, ils y voient l’occasion rêvée d’exorciser quelques démons…
Avec pour point de départ les carnets intimes de Rose, le film suit au jour le jour une amitié qui se construit autant dans l’échange que dans le clash, et qui est hantée par les démons que les deux amis cherchent à exorciser, l’héritage raciste et colonial de la France, la bipolarité de Rose son « pet-au-casque », les blessures de l’enfance. Le « nwar » du titre, emprunté au rappeur Damso, renvoie ici autant aux stigmates de la race et de la folie qu’à la face sombre, inavouable et honteuse d’une histoire douloureuse marquée par la violence et que le film va s’attacher à faire lentement remonter à la surface. Suivant au jour le jour les humeurs de Rose, le montage croise les formes du journal et de la conversation, de la voix off et du cinéma direct, du poème musical et de l’archive familiale, du Scope et de l’iPhone, pour s’approcher le plus près possible de ce qu’une amitié entre une femme noire et un homme blanc peut révéler de la France d’aujourd’hui.

Durée : 1h50
écriture Matthieu Bareyre, Rose-Marie Ayoko Folly, Marion Siéfert ; réalisation : Matthieu Bareyre ; prise de vue et prise de son : Matthieu Bareyre ; montage : Matthieu Bareyre, Isabelle Proust, Rodolphe Molla ; montage son : Stéphane Rives ; mixage : Jules Wysocki ; bruitage : André Fèvre ; étalonnage : Amine Berrada ; assistant réalisateur et assistant montage : Houssem Bokhari
production : Marie-José Malis et Frédéric Sacard de La Commune CDN Aubervilliers ; en coproduction avec Festival d’Automne à Paris, Cécile Lestrade et Élise Hug d’Alter Ego Production ; avec la participation de Arte France, Karen Michael et Fabrice Puchault ; avec le soutien du Centre National du Cinéma et de l’Image animée, et de Ciclic-Région Centre-Val de Loire ; une coréalisation La Commune CDN Aubervilliers, Festival d’Automne à Paris pour les projections à la Commune CDN Aubervilliers

Marion Siéfert

Marion Siéfert est autrice, metteuse en scène et performeuse. Son travail est à la croisée de plusieurs champs artistiques et se réalise via différents médiums : spectacles, films, écriture. En 2015-2016, elle est invitée dans le cadre de son doctorat à l’Institut d’études théâtrales appliquées de Gießen (Allemagne). Elle y développe son premier spectacle, 2 ou 3 choses que je sais de vous, portrait du public à travers leurs profils Facebook. Elle collabore sur Nocturnes et L’Époque, deux films du cinéaste Matthieu Bareyre, également collaborateur artistique sur ses pièces, avec lequel elle co-écrit à présent ses spectacles et un long-métrage de fiction. De 2017 à 2023, elle est artiste associée à La Commune CDN d’Aubervilliers. En 2018, elle y crée Le Grand Sommeil, avec la chorégraphe et performeuse Helena de Laurens, programmé à l’édition 2018 du Festival d’Automne à Paris ; en mars 2019, Pièce d’actualité n°12 : DU SALE !, un duo pour la rappeuse Original Laeti et la danseuse Janice Bieleu. Pour cette pièce, elle reçoit le Grand Prix du jury au Festival européen Fast Forward. La pièce suivante, _jeannedark, créé à l’édition 2020 du Festival d’Automne à Paris, est le premier spectacle pensé simultanément pour le théâtre et pour Instagram. Il obtient le Prix Numérique du Syndicat Professionnel de la Critique de Théâtre, de Musique et de Danse avec une mention spéciale. Sa dernière pièce, Daddy, co-écrite avec Matthieu Bareyre, a été créée au Cndc d’Angers et au théâtre de l’Odéon. Depuis 2024, elle est artiste associée au T2G, CDN de Gennevilliers et à Points-Communs, Scène nationale de Cergy-Pontoise.

Matthieu Bareyre

Matthieu Bareyre est auteur, réalisateur, cadreur et monteur. Il a réalisé deux documentaires : Nocturnes, en 2015, moyen métrage présenté notamment au Cinéma du réel, et L’Époque, en 2019, son premier long métrage, une traversée nocturne aux côtés de jeunes dont il filme durant trois ans les rêves, les cauchemars, l’ivresse, l’ennui, les larmes, les mobilisations, le désir, entre les attentats de 2015 à Paris et l’élection présidentielle de 2017. Prix du meilleur premier film du Syndicat français de la critique, L’Époque a reçu une mention spéciale au festival de Locarno où le film a été présenté en première mondiale et a été remarqué dans plusieurs festivals dont le Festival Premiers Plans d’Angers. Au théâtre, Matthieu Bareyre collabore au casting, à l’écriture et à la mise en scène des spectacles de Marion Siéfert, notamment DU SALE !, _jeannedark et plus récemment, Daddy. Son dernier film, Le Journal d’une femme nwar, co-écrit avec Rose-Marie Ayoko Folly et Marion Siéfert, inaugure un format de production original : d’abord produit par le théâtre de La Commune CDN d’Aubervilliers, il est présenté en avant-première au T2G, avant de connaître une diffusion sur Arte courant 2024.

Helena de Laurens

Helena de Laurens est comédienne, danseuse et chorégraphe. Elle a suivi des cours d’Art Dramatique au Conservatoire Erik Satie (Paris) et a consacré un mémoire à Valeska Gert dans le cadre d’un Master en Histoire culturelle de la danse à l’EHESS (La grimace et l’inouï : Danse et Visage chez Valeska Gert). Elle a joué ses performances dans des night-clubs, des musées, des jardins et des librairies. Elle collabore régulièrement avec Esmé Planchon, Clara Pacotte et Sophie Bonnet-Pourpet. En tant qu’interprète et chorégraphe elle joue deux solos écrits et mis en scène par Marion Siéfert : Le grand sommeil (2018) et jeanne_dark (2020) qui a reçu le Prix numérique (mention spéciale pour le spectacle) 2020/2021 du Syndicat Professionnel de la critique de théâtre, de musique et de danse. En juin 2021, elle crée une performance à partir de La Voix humaine de Jean Cocteau au Centre Pompidou dans le cadre de l’événement « Tableaux Vivants ». En 2022, elle joue aux côtés de Emmanuelle Lafon et de Frédéric Leidgens dans L’Homosexuel ou la difficulté de s’exprimer de Copi dans une mise en scène de Thibaud Croisy présenté au T2G. En 2023, elle danse dans Cabaret Brouillon de Loïc Touzé et en 2024, elle crée la performance Toujours pas prête dans le cadre de la 8e édition du week-end Sur les bords au T2G.

© Matthieu Bareyre

Crédit photo : © Matthieu Bareyre

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© Matthieu Bareyre

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